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La grâce suffisante

(14e dimanche ordinaire : Ézékiel 2, 2-5 ; 2 Corinthiens 12, 7-10 ; Marc 6, 1-6)

La plupart d'entre nous sont prêts à des sacrifices pour une cause, ou pour des autres, parfois même pour leur foi. Mais pouvons-nous dire honnêtement avec saint Paul : « J’accepte de grand cœur pour le Christ les faiblesses, les insultes, les contraintes, les persécutions et les situations angoissantes » ? Tâche considérable !

Pourtant, c'est ce que Paul prétend dans la deuxième lecture d'aujourd'hui. Remarquez bien, cependant, qu'il n'était pas du tout content, quand il était tourmenté par ce qu'il nomme « une écharde dans ma chair », et quand sa prière constante pour le soulagement n'était pas entendue. Enfin, le Seigneur lui répondit : « Ma grâce te suffit ». Cela était une révélation pour Paul et, par lui, pour nous.

La grâce suffisante fut promise à Ezékiel dans la première lecture. Il la décrit comme un esprit qui vint en lui et le fit tenir debout, le préparant à faire face au peuple rebelle de Dieu. « Qu’ils écoutent ou qu’ils n’écoutent pas, ils sauront qu’il y a un prophète au milieu d’eux ».

Vous êtes-vous trouvés dans une situation semblable ? Devoir faire des remontrances aux autres devient une tâche ingrate, et ceux qui doivent le faire peuvent bien passer pour une écharde dans la chair et être traités avec hostilité.

Pour nous qui aimons tellement Notre Dame de la Salette, il semble impossible de penser que quelqu'un puisse être hostile à l'Apparition. Mais il faut reconnaître que certains éléments du message et de l'histoire de la Salette peuvent troubler, tant les gens ordinaires que les théologiens.

Maximin et Mélanie ont dû faire face à l'opposition, mais ils ont reçu la grâce suffisante pour accomplir leur mission en leur temps et en leur endroit. Malgré l'éducation qu'ils ont reçue, ils demeurèrent fondamentalement les personnes simples qu'ils avaient été. Comme Jésus dans l'Évangile, on les blâmait pour ce qu'ils étaient.

Mais nous pouvons donc mettre notre fierté dans leurs faiblesses. Considérez tout ce qui est advenu grâce à eux. Sans aucun doute, la Belle Dame les a accompagnés. Pouvons-nous douter qu'elle nous accompagne aussi bien ?

La conversion est un élément douloureux mais essentiel du message que nous tâchons de faire connaître. Mais moyennant la grâce suffisante de Dieu, puissent les peuples reconnaître qu'il y a eu un prophète parmi eux, en notre temps et en notre endroit.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Publié dans MISSION (FR)

Dans la foule

(13e dimanche ordinaire : Sagesse 1,13-15 et 2,23-24 ; 2 Co 8,7-15 ; Marc 5,21-43)

Imaginez-vous dans la foule qui suivait Jésus dans l'Évangile d'aujourd'hui. Vous enfoncez-vous le plus près possible de l'homme fameux ? Ou dites-vous, « Je dois m'éloigner d'ici ! » et allez en marge de la foule, où vous pouvez observer à une distance confortable ?

Tout dépend de votre confort dans les grands groupes, en vous sentant tassé de part et d'autre, avec des gens qui vous frôlent, comme dans la scène que décrit Marc. Mais attendez ! En tant que disciples du Seigneur, ne faut-il pas être ouverts à la possibilité que quelqu'un dans la foule nécessite quelque chose de nous ?

Se rendre inaccessible n'est pas la marque du disciple de Jésus. Au contraire, nous devons être attentifs aux besoins de ceux qui nous entourent et disposés à y répondre dans la mesure du possible. Parfois nous pouvons être enclins à porter un jugement sur ces besoins ; voilà qui n'est qu'une tentative de justifier notre attitude peu chrétienne.

Jésus nous donne le meilleur exemple, évidemment. Mais la Belle Dame de la Salette nous dit elle-même que nous ne pourrons jamais récompenser la peine qu’elle a prise pour nous comme elle le mérite. Et maintenant, elle vient, dans l'espoir de préserver son peuple. Son message peut se résumer par les paroles de Jésus à Jaïre : « Ne crains pas, crois seulement ».

Si ces mots guidaient notre vie, nous pourrions sans doute entendre la voix de Jésus nous dire, comme à la femme qui l'a touché : « ta foi t’a sauvé » et, comme à la fille de Jaïre : « Je te le dis, lève-toi ! »

C'est peut-être cette expérience qui donne tant d'importance au sacrement de la réconciliation dans les sanctuaires de la Salette. Quand nous nous nous approchons de Jésus en la personne du prêtre, comme la femme de l'Évangile qui « lui dit toute la vérité », nous croyons qu'une force sort de lui, qui nous guérit et nous aide à partir en paix.

Cette expérience peut bien aussi nous toucher, de façon à nous préparer à bien vouloir être touchés par ceux qui ont besoin de réconciliation, de guérison, de conversion et de réconfort. Ainsi, nous participons au « don généreux de notre Seigneur Jésus Christ », dont parle saint Paul dans la seconde lecture.

Quelle belle façon d'imiter le Christ et notre Bienheureuse Mère ! Allons donc dans notre monde, avec la réponse du psaume d'aujourd'hui dans notre cœur : « Je t’exalte, Seigneur : tu m’as relevé ». Amen ! Amen ! Amen !

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Publié dans MISSION (FR)
mercredi, 02 juin 2021 18:56

La synodalité...

La synodalité : un chemin de vie et de mission ecclésiale

Juin 2021

Suivre le Christ pour devenir apôtre

Le terme synode vient d’un mot composé grec. La première partie, « syn », veut dire « ensemble », et la seconde, « hodos » – « voie », « route », « sentier » ; il s’agit donc de voyager ensemble, de marcher ensemble.

Quand nous regardons le ministère de Jésus se dérouler et se développer, cette dimension de « synodalité » est visible. Et non seulement du fait qu’en chemin le charisme de Jésus, incarné dans ce qu’il a enseigné et accompli, a attiré vers Lui beaucoup de monde, mais également parce que Jésus lui-même n’a pas vécu seul son appel et sa mission.

Durant son ministère public, Il ne se consacre pas uniquement à l’accomplissement de la mission que le Père lui a confiée ; nous le voyons également engagé dans la formation d’une communauté de ‘suiveurs’ qui pourra continuer cette même mission, quand Il sera retourné vers le Père.

L’importance de cette dimension du ministère de Jésus est attestée par le fait que l’une des premières choses qu’Il accomplit au début de son activité publique, est d’appeler ses premiers disciples (cf. par exemple Mt 4,18–22, Mc 3,16–19 et Lc 5,1–11). L’appel des disciples est l’un des moments-clés du ministère de Jésus.

De plus, l’Évangile de Marc nous fait découvrir le triple objectif de la décision de Jésus d’appeler certains à le suivre fermement. Au chapitre 3, aux versets 14 et 15, Marc écrit : « Il en institua douze pour qu’ils soient avec lui et pour les envoyer proclamer la Bonne Nouvelle avec le pouvoir d’expulser les démons. »

Remarquons ici le beau processus de croissance et de transformation que les premiers ‘suiveurs’ de Jésus ont expérimenté, pendant qu’ils marchaient « avec » et « derrière » leur Maître de Nazareth. Une telle croissance est clairement visible dans la manière dont les Évangiles parlent de ceux que nous appelons habituellement les « Douze Apôtres ». En fait, au début ils sont identifiés simplement par leurs prénoms (Mt 4,18.21 ; Mc 3,16–19) ou leur profession (Mt 4,18.21), ou encore leurs liens familiaux (Mt 4,18.21 ; Mc 3,17–18). Puis, à un moment donné, quand ils ont passé assez de temps avec Jésus, les Évangiles parlent d’eux comme des disciples. Enfin, au moment du « grand envoi », ils sont désignés comme des Apôtres.

Jésus non seulement annonçait la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu, mais Il a pris soin de former ceux qui devait plus tard continuer son œuvre de l’évangélisation. D’après ce que nous disent les Évangiles, Jésus ne considérait pas la mission que le Père lui avait confiée comme un trésor « personnel » ou un privilège. Au contraire, Il a partagé sa vision et son expérience du Père avec ceux qui allaient devenir responsables de la vie de l’Église primitive. La manière dont Jésus a mené son ministère a déclenché une sorte d’« effet domino » : des gens ordinaires sont appelés à le suivre et à devenir disciples, pour qu’enfin, cet apprentissage en tant que disciples sous la protection de Jésus, les transforme en apôtres qui feront à leur tour d’autres disciples.

Cette dynamique est bien attestée aussi dans le livre des Actes des Apôtres, ainsi que dans certaines épitres de Saint Paul. Deux évènements des Actes des Apôtres peuvent bien illustrer cette « synodalité » de l’Église primitive. Le premier est décrit dans Ac 6,1–7 et le second dans Ac 15. Dans le chapitre 6 des Actes des Apôtres, afin de faire face à un besoin concret de prendre soin des veuves négligées lors de la distribution de la nourriture, les Douze rassemblent tous les disciples dans l’idée de choisir parmi eux sept hommes, connus pour être remplis d’Esprit Saint et de sagesse. Le texte nous dit que cette proposition a plu « à tout le monde ».

Le second passage illustrant cette « synodalité » de l’Église primitive est Ac 15, connu également comme « concile de Jérusalem ». Le texte nous apprend que, afin de résoudre la question d’une éventuelle circoncision des gentils, Paul et Barnabé sont invités à Jérusalem pour rencontrer les Apôtres et les Anciens (Ac 15,2).

Le fait qu’à La Salette Marie, juste avant de disparaître, a confié à Maximin et à Mélanie la mission de faire connaître son message à tout son peuple, reflète la même dynamique. Aux pieds de la « Belle Dame » de La Salette, Maximin et Mélanie deviennent ses disciples. Quand elle disparaît, ils commencent à être ses « disciples-missionnaires ». Marie les inclut et les laisse prendre part dans la mission de son Fils. C’est ainsi que commence un nouvel « effet domino » qui conduira jusqu’à la naissance et la croissance des Missionnaires de Notre-Dame de La Salette. Et nous faisons partie de cet « effet domino » !

Grâce à la prière nous pouvons marcher ensemble

« Voici ta mère » (Jn 19,27) – c’était le dernier désir de Jésus, quand Il était suspendu sur le bois de la croix. Ces paroles de Jésus impliquent que sa Mère devra être prise en considération dans la communauté réunie en son Nom, c’est-à-dire dans l’Église. Dès les premiers moments de l’existence de l’Église, Marie était bien présente dans le rôle de la première disciple qui s’est réservé la mission d’ouvrir le trésor de son cœur pour partager les desseins les plus profonds de son Fils.

Les disciples, avec Marie, avaient « un seul cœur et une seule âme » (Ac 4,32) et ensemble, ont parcouru la vie de Jésus comme unique chemin qui conduit vers le Père. En fait, dans la vie et dans la mission, la synodalité consiste à avoir Jésus comme chemin, pour avancer ensemble sur cette route et ressentir ensemble les implications de la mission de l’Église dans le monde.

Lorsque dans son message la « Belle Dame » demande aux deux voyants s’ils font bien leur prière, cette question est adressée à nous tous qui vivons aujourd’hui, dans notre histoire, parce que notre identité chrétienne est liée au tronc qu’est le Christ, le Divin Maître, qui nous a laissé cette pratique comme lieu et moment privilégiés de sa présence. Durant deux mille ans, l’Église a toujours considéré la prière comme un grand trésor de grâces, une rencontre de la création avec son Créateur, marquée par l’intimité des cœurs. C’est pourquoi, plus qu’un simple appel, le message de La Salette est une école ouverte pour nous, afin que nous puissions revoir nos obligations et devoirs, en tant qu’enfants bien aimés de Dieu.

A La Salette, Marie ne vient pas avec des nouveautés en matière de message, parce que, avec la Mère de Dieu, la vérité ancienne devient nouvelle, et dans le contexte de l’apparition il y a une invitation à écouter le message de son Fils, une invitation ardente qui apporte un changement de vie. En conséquence, on peut dire que le discours de la « Belle Dame » est inspiré de l’Évangile.

La synodalité comme chemin a toujours été présente, depuis que la première communauté ecclésiale a reçu du Christ ressuscité la mission d’annoncer la Bonne Nouvelle jusqu’aux extrémités de la terre. Au centre de la prédication se trouvait et se trouvera toujours le kérygme, autrement dit, l’annonce de Jésus mort et ressuscité pour la vie du monde. Paul, sans laisser de place à la moindre illusion, nous indique sans détour notre devoir d’annoncer Jésus Christ crucifié.

En effet, on ne peut concevoir l’Église sans la place centrale qu’occupe la croix. Apprenons des pionniers de l’évangélisation que la croix est la glorification de Dieu et du Fils de Dieu ; elle est la victoire sur Satan et sur toutes les puissances du monde ; elle est la preuve de la force de Dieu dans la faiblesse du tremblement ; elle crée la paix entre Dieu et les hommes et une nouvelle unité entre les nations.

Le fait que la luminosité de la croix que portait Marie à La Salette a fortement attiré l’attention de Maximin et Mélanie, signifie que la fidélité au Christ crucifié doit être pour nous un impératif chaque jour.

Le centre de toute la vie chrétienne, l’Eucharistie est strictement liée à la croix. Elle nourrit le chemin synodal de l’Église. Sans elle, nous ne serons rien dans ce monde incertain.

Sur le chemin missionnaire, l’action de l’Esprit Saint est prépondérante, parce que c’est Lui qui soutient la synodalité de l‘Église et manifeste parmi les fidèles – comme souligne à juste titre Lumen gentium – le don de l’égale dignité des baptisés, c’est-à-dire l’appel universel à la sainteté ; la participation de tous les fidèles dans la fonction sacerdotale, prophétique et royale de Jésus Christ ; la vie et la mission de chaque Église locale.

En tant que famille salettine et suivant les pas des premiers missionnaires de Notre-Dame de La Salette, nous ressentons la synodalité dans la mesure où nous accueillons ensemble le charisme de la réconciliation.

Marie, une voie vers la rencontre, l’écoute et la prière…

Au Cénacle, les Apôtres, Marie et les disciples étaient rassemblés dans la prière. Leurs paroles et leurs pensées étaient sans doute dominées par les événements extraordinaires des derniers jours, au centre desquels se trouvait Jésus. Sa vie, sa passion, sa crucifixion et sa mort ont suscité tristesse et émotion. Mais ses apparitions après sa mort en tant que Seigneur Ressuscité, ont suscité espoir et consolation. Quand l’Esprit Saint est descendu, l’identité des disciples a changé : ils sont devenus une Église, à qui le Christ a confié l’évangélisation du monde entier. La Mère du Seigneur était présente avec eux à Jérusalem, puis elle est restée liée à l’Église jusqu’à son Assomption, entre autres à Éphèse, et après l’Assomption, elle demeure près de son Fils et intercède pour nous au Ciel.

A La Salette, Marie manifeste sa préoccupation pour l’Église et, profitant de son rôle de Reine du Ciel, elle rappelle, à travers les enfants, les valeurs qui constituent l’Église.

Avant tout, elle souligne le rôle de l’Eucharistie. Celle-ci est négligée et sous-estimée par la majeure partie des hommes comme lieu de la rencontre avec Dieu. Seulement des femmes âgées y participent, et les hommes travaillent le dimanche, sans le différencier des autres jours de la semaine. Jusqu’à la fin du monde, nous n’aurons pas de meilleure possibilité de rencontrer le Seigneur qu’en recevant son Corps et son Sang, dans la prière et l’action de grâce. Au contraire, notre attitude montre que nous recherchons autre chose et n’attendons rien de Dieu, tellement nous sommes plongés dans les problèmes de ce monde.

Ensuite, Marie demande aux voyants s’ils font bien leur prière. Leur réponse sincère, qu’ils ne sont pas très assidus, incite Marie à les instruire en disant que la prière est nécessaire, en particulier le matin et le soir. La prière du matin exprime l’espérance de vivre la nouvelle journée selon Dieu. La prière du soir est l’occasion de regarder la journée passée à la lumière des commandements. Comme elle nous connaît bien, Marie réclame au moins deux prières, un Notre Père et un Je vous salue Marie. La première nous a été enseignée par Jésus à la demande des disciples, et la seconde nous rappelle l’annonce de l’Archange Gabriel faite à Marie, lui révélant son élection pour être Mère du Fils de Dieu. Pour chaque homme, elles constituent un strict minimum de ce qu’il devrait savoir sur les formes de la prière.

La « Belle Dame » nous rappelle également autre chose, à savoir des événements de la vie quotidienne qui confirment le lien indissociable entre notre comportement et l’état de notre milieu naturel : récoltes gâtées, famine, maladies, mort d’enfants, pénitence subie et souffrance. Tout cela requiert une référence à Dieu qui soutient l’existence de ce monde. Nous – selon les paroles de Marie – n’en faisons pas cas. Elle nous avertit, en exprimant ainsi sa préoccupation pour nous, que nous ne reprochions pas les maux et les souffrances du monde à Dieu, mais à nous-mêmes. C’est nous qui avons initié la corruption du monde et c’est de nous seulement que dépend le monde du futur.

A la fin, Marie montre, à quel point Dieu est conscient de tout ce qui trouble nos pensées et nos cœurs, et rappelle à Maximin un fait de sa vie personnelle, lié à son père, que le garçon avait déjà oublié. Dieu est toujours présent à nos côtés, rien n’échappe à son attention et personne ne Lui est indifférent.

Ces éléments indiquent que Marie connaît bien la situation du monde et, par l’intermédiaire des témoins de son apparition, elle partage cette connaissance et cette expérience avec tout son peuple. Elle ne cache même pas qu’elle est triste à cause de nous et que son Fils ne veut plus tolérer tout cela. Jésus veut agir, mais son action peut être pour nous trop difficile à comprendre, c’est pourquoi Marie nous avertit. Nous ne devons pas sous-estimer ses paroles. Saint Paul dit avec raison : « Ne vous égarez pas : Dieu ne se laisse pas narguer. Ce que l’on a semé, on le récoltera. Celui qui a semé en vue de sa propre chair récoltera ce que produit la chair : la corruption ; mais celui qui a semé en vue de l’Esprit récoltera ce que produit l’Esprit : la vie éternelle » (Ga 6,78). Dans ce contexte, la pandémie de la Covid-19 peut être considérée comme un moyen moins douloureux et pénible, avec lequel Dieu veut nous tourner vers Lui, parce que son bras pesant aurait pu utiliser un moyen bien plus fâcheux.

Flavio Gillio MS

Eusébio Kangupe MS

Karol Porczak MS

Publié dans MISSION (FR)
mercredi, 02 juin 2021 18:56

Méditation - Juin 2021

La synodalité : un chemin de vie et de mission ecclésiale

Juin 2021

Suivre le Christ pour devenir apôtre

Le terme synode vient d’un mot composé grec. La première partie, « syn », veut dire « ensemble », et la seconde, « hodos » – « voie », « route », « sentier » ; il s’agit donc de voyager ensemble, de marcher ensemble.

Quand nous regardons le ministère de Jésus se dérouler et se développer, cette dimension de « synodalité » est visible. Et non seulement du fait qu’en chemin le charisme de Jésus, incarné dans ce qu’il a enseigné et accompli, a attiré vers Lui beaucoup de monde, mais également parce que Jésus lui-même n’a pas vécu seul son appel et sa mission.

Durant son ministère public, Il ne se consacre pas uniquement à l’accomplissement de la mission que le Père lui a confiée ; nous le voyons également engagé dans la formation d’une communauté de ‘suiveurs’ qui pourra continuer cette même mission, quand Il sera retourné vers le Père.

L’importance de cette dimension du ministère de Jésus est attestée par le fait que l’une des premières choses qu’Il accomplit au début de son activité publique, est d’appeler ses premiers disciples (cf. par exemple Mt 4,18–22, Mc 3,16–19 et Lc 5,1–11). L’appel des disciples est l’un des moments-clés du ministère de Jésus.

De plus, l’Évangile de Marc nous fait découvrir le triple objectif de la décision de Jésus d’appeler certains à le suivre fermement. Au chapitre 3, aux versets 14 et 15, Marc écrit : « Il en institua douze pour qu’ils soient avec lui et pour les envoyer proclamer la Bonne Nouvelle avec le pouvoir d’expulser les démons. »

Remarquons ici le beau processus de croissance et de transformation que les premiers ‘suiveurs’ de Jésus ont expérimenté, pendant qu’ils marchaient « avec » et « derrière » leur Maître de Nazareth. Une telle croissance est clairement visible dans la manière dont les Évangiles parlent de ceux que nous appelons habituellement les « Douze Apôtres ». En fait, au début ils sont identifiés simplement par leurs prénoms (Mt 4,18.21 ; Mc 3,16–19) ou leur profession (Mt 4,18.21), ou encore leurs liens familiaux (Mt 4,18.21 ; Mc 3,17–18). Puis, à un moment donné, quand ils ont passé assez de temps avec Jésus, les Évangiles parlent d’eux comme des disciples. Enfin, au moment du « grand envoi », ils sont désignés comme des Apôtres.

Jésus non seulement annonçait la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu, mais Il a pris soin de former ceux qui devait plus tard continuer son œuvre de l’évangélisation. D’après ce que nous disent les Évangiles, Jésus ne considérait pas la mission que le Père lui avait confiée comme un trésor « personnel » ou un privilège. Au contraire, Il a partagé sa vision et son expérience du Père avec ceux qui allaient devenir responsables de la vie de l’Église primitive. La manière dont Jésus a mené son ministère a déclenché une sorte d’« effet domino » : des gens ordinaires sont appelés à le suivre et à devenir disciples, pour qu’enfin, cet apprentissage en tant que disciples sous la protection de Jésus, les transforme en apôtres qui feront à leur tour d’autres disciples.

Cette dynamique est bien attestée aussi dans le livre des Actes des Apôtres, ainsi que dans certaines épitres de Saint Paul. Deux évènements des Actes des Apôtres peuvent bien illustrer cette « synodalité » de l’Église primitive. Le premier est décrit dans Ac 6,1–7 et le second dans Ac 15. Dans le chapitre 6 des Actes des Apôtres, afin de faire face à un besoin concret de prendre soin des veuves négligées lors de la distribution de la nourriture, les Douze rassemblent tous les disciples dans l’idée de choisir parmi eux sept hommes, connus pour être remplis d’Esprit Saint et de sagesse. Le texte nous dit que cette proposition a plu « à tout le monde ».

Le second passage illustrant cette « synodalité » de l’Église primitive est Ac 15, connu également comme « concile de Jérusalem ». Le texte nous apprend que, afin de résoudre la question d’une éventuelle circoncision des gentils, Paul et Barnabé sont invités à Jérusalem pour rencontrer les Apôtres et les Anciens (Ac 15,2).

Le fait qu’à La Salette Marie, juste avant de disparaître, a confié à Maximin et à Mélanie la mission de faire connaître son message à tout son peuple, reflète la même dynamique. Aux pieds de la « Belle Dame » de La Salette, Maximin et Mélanie deviennent ses disciples. Quand elle disparaît, ils commencent à être ses « disciples-missionnaires ». Marie les inclut et les laisse prendre part dans la mission de son Fils. C’est ainsi que commence un nouvel « effet domino » qui conduira jusqu’à la naissance et la croissance des Missionnaires de Notre-Dame de La Salette. Et nous faisons partie de cet « effet domino » !

Grâce à la prière nous pouvons marcher ensemble

« Voici ta mère » (Jn 19,27) – c’était le dernier désir de Jésus, quand Il était suspendu sur le bois de la croix. Ces paroles de Jésus impliquent que sa Mère devra être prise en considération dans la communauté réunie en son Nom, c’est-à-dire dans l’Église. Dès les premiers moments de l’existence de l’Église, Marie était bien présente dans le rôle de la première disciple qui s’est réservé la mission d’ouvrir le trésor de son cœur pour partager les desseins les plus profonds de son Fils.

Les disciples, avec Marie, avaient « un seul cœur et une seule âme » (Ac 4,32) et ensemble, ont parcouru la vie de Jésus comme unique chemin qui conduit vers le Père. En fait, dans la vie et dans la mission, la synodalité consiste à avoir Jésus comme chemin, pour avancer ensemble sur cette route et ressentir ensemble les implications de la mission de l’Église dans le monde.

Lorsque dans son message la « Belle Dame » demande aux deux voyants s’ils font bien leur prière, cette question est adressée à nous tous qui vivons aujourd’hui, dans notre histoire, parce que notre identité chrétienne est liée au tronc qu’est le Christ, le Divin Maître, qui nous a laissé cette pratique comme lieu et moment privilégiés de sa présence. Durant deux mille ans, l’Église a toujours considéré la prière comme un grand trésor de grâces, une rencontre de la création avec son Créateur, marquée par l’intimité des cœurs. C’est pourquoi, plus qu’un simple appel, le message de La Salette est une école ouverte pour nous, afin que nous puissions revoir nos obligations et devoirs, en tant qu’enfants bien aimés de Dieu.

A La Salette, Marie ne vient pas avec des nouveautés en matière de message, parce que, avec la Mère de Dieu, la vérité ancienne devient nouvelle, et dans le contexte de l’apparition il y a une invitation à écouter le message de son Fils, une invitation ardente qui apporte un changement de vie. En conséquence, on peut dire que le discours de la « Belle Dame » est inspiré de l’Évangile.

La synodalité comme chemin a toujours été présente, depuis que la première communauté ecclésiale a reçu du Christ ressuscité la mission d’annoncer la Bonne Nouvelle jusqu’aux extrémités de la terre. Au centre de la prédication se trouvait et se trouvera toujours le kérygme, autrement dit, l’annonce de Jésus mort et ressuscité pour la vie du monde. Paul, sans laisser de place à la moindre illusion, nous indique sans détour notre devoir d’annoncer Jésus Christ crucifié.

En effet, on ne peut concevoir l’Église sans la place centrale qu’occupe la croix. Apprenons des pionniers de l’évangélisation que la croix est la glorification de Dieu et du Fils de Dieu ; elle est la victoire sur Satan et sur toutes les puissances du monde ; elle est la preuve de la force de Dieu dans la faiblesse du tremblement ; elle crée la paix entre Dieu et les hommes et une nouvelle unité entre les nations.

Le fait que la luminosité de la croix que portait Marie à La Salette a fortement attiré l’attention de Maximin et Mélanie, signifie que la fidélité au Christ crucifié doit être pour nous un impératif chaque jour.

Le centre de toute la vie chrétienne, l’Eucharistie est strictement liée à la croix. Elle nourrit le chemin synodal de l’Église. Sans elle, nous ne serons rien dans ce monde incertain.

Sur le chemin missionnaire, l’action de l’Esprit Saint est prépondérante, parce que c’est Lui qui soutient la synodalité de l‘Église et manifeste parmi les fidèles – comme souligne à juste titre Lumen gentium – le don de l’égale dignité des baptisés, c’est-à-dire l’appel universel à la sainteté ; la participation de tous les fidèles dans la fonction sacerdotale, prophétique et royale de Jésus Christ ; la vie et la mission de chaque Église locale.

En tant que famille salettine et suivant les pas des premiers missionnaires de Notre-Dame de La Salette, nous ressentons la synodalité dans la mesure où nous accueillons ensemble le charisme de la réconciliation.

Marie, une voie vers la rencontre, l’écoute et la prière…

Au Cénacle, les Apôtres, Marie et les disciples étaient rassemblés dans la prière. Leurs paroles et leurs pensées étaient sans doute dominées par les événements extraordinaires des derniers jours, au centre desquels se trouvait Jésus. Sa vie, sa passion, sa crucifixion et sa mort ont suscité tristesse et émotion. Mais ses apparitions après sa mort en tant que Seigneur Ressuscité, ont suscité espoir et consolation. Quand l’Esprit Saint est descendu, l’identité des disciples a changé : ils sont devenus une Église, à qui le Christ a confié l’évangélisation du monde entier. La Mère du Seigneur était présente avec eux à Jérusalem, puis elle est restée liée à l’Église jusqu’à son Assomption, entre autres à Éphèse, et après l’Assomption, elle demeure près de son Fils et intercède pour nous au Ciel.

A La Salette, Marie manifeste sa préoccupation pour l’Église et, profitant de son rôle de Reine du Ciel, elle rappelle, à travers les enfants, les valeurs qui constituent l’Église.

Avant tout, elle souligne le rôle de l’Eucharistie. Celle-ci est négligée et sous-estimée par la majeure partie des hommes comme lieu de la rencontre avec Dieu. Seulement des femmes âgées y participent, et les hommes travaillent le dimanche, sans le différencier des autres jours de la semaine. Jusqu’à la fin du monde, nous n’aurons pas de meilleure possibilité de rencontrer le Seigneur qu’en recevant son Corps et son Sang, dans la prière et l’action de grâce. Au contraire, notre attitude montre que nous recherchons autre chose et n’attendons rien de Dieu, tellement nous sommes plongés dans les problèmes de ce monde.

Ensuite, Marie demande aux voyants s’ils font bien leur prière. Leur réponse sincère, qu’ils ne sont pas très assidus, incite Marie à les instruire en disant que la prière est nécessaire, en particulier le matin et le soir. La prière du matin exprime l’espérance de vivre la nouvelle journée selon Dieu. La prière du soir est l’occasion de regarder la journée passée à la lumière des commandements. Comme elle nous connaît bien, Marie réclame au moins deux prières, un Notre Père et un Je vous salue Marie. La première nous a été enseignée par Jésus à la demande des disciples, et la seconde nous rappelle l’annonce de l’Archange Gabriel faite à Marie, lui révélant son élection pour être Mère du Fils de Dieu. Pour chaque homme, elles constituent un strict minimum de ce qu’il devrait savoir sur les formes de la prière.

La « Belle Dame » nous rappelle également autre chose, à savoir des événements de la vie quotidienne qui confirment le lien indissociable entre notre comportement et l’état de notre milieu naturel : récoltes gâtées, famine, maladies, mort d’enfants, pénitence subie et souffrance. Tout cela requiert une référence à Dieu qui soutient l’existence de ce monde. Nous – selon les paroles de Marie – n’en faisons pas cas. Elle nous avertit, en exprimant ainsi sa préoccupation pour nous, que nous ne reprochions pas les maux et les souffrances du monde à Dieu, mais à nous-mêmes. C’est nous qui avons initié la corruption du monde et c’est de nous seulement que dépend le monde du futur.

A la fin, Marie montre, à quel point Dieu est conscient de tout ce qui trouble nos pensées et nos cœurs, et rappelle à Maximin un fait de sa vie personnelle, lié à son père, que le garçon avait déjà oublié. Dieu est toujours présent à nos côtés, rien n’échappe à son attention et personne ne Lui est indifférent.

Ces éléments indiquent que Marie connaît bien la situation du monde et, par l’intermédiaire des témoins de son apparition, elle partage cette connaissance et cette expérience avec tout son peuple. Elle ne cache même pas qu’elle est triste à cause de nous et que son Fils ne veut plus tolérer tout cela. Jésus veut agir, mais son action peut être pour nous trop difficile à comprendre, c’est pourquoi Marie nous avertit. Nous ne devons pas sous-estimer ses paroles. Saint Paul dit avec raison : « Ne vous égarez pas : Dieu ne se laisse pas narguer. Ce que l’on a semé, on le récoltera. Celui qui a semé en vue de sa propre chair récoltera ce que produit la chair : la corruption ; mais celui qui a semé en vue de l’Esprit récoltera ce que produit l’Esprit : la vie éternelle » (Ga 6,78). Dans ce contexte, la pandémie de la Covid-19 peut être considérée comme un moyen moins douloureux et pénible, avec lequel Dieu veut nous tourner vers Lui, parce que son bras pesant aurait pu utiliser un moyen bien plus fâcheux.

Flavio Gillio MS

Eusébio Kangupe MS

Karol Porczak MS

Publié dans INFO (FR)

Tempêtes et foi

(12e dimanche ordinaire : Job 38, 1, 8-11 ; 2 Corinthiens 5, 14-17 ; Marc 4, 35-41)

Portant l'attention uniquement sur les paroles que Dieu adresse à Job dans la première lecture, on peut manquer un détail important : « Le Seigneur s’adressa à Job du milieu de la tempête ». Dieu n'est pas seulement Maître de la tempête, il y est présent.

Job endurait des souffrances étonnantes et le réconfort peu judicieux offert par ses amis. Tout cela a provoqué une tempête en lui. Ce qu'il ne savait pas, c'est que Dieu était présent avec lui dans la tempête, le protégeant même alors qu'il permettait que Job soit éprouvé.

Dans le psaume, Dieu provoque la tempête, puis, en réponse à la prière, « réduisant la tempête au silence ». L'Évangile présente Jésus en plein sommeil pendant une rafale, tandis que l'eau remplit la barque. Les cris que les disciples lui poussent sont des plaintes plutôt que des prières : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? » Jésus à son tour les reproche : « N'avez-vous pas encore la foi ? »

L'apparition de Notre-Dame de la Salette soulève la même question. La panique face à la famine qui s'annonçait commençait à prendre des proportions de tempête dans les villes voisines et au-delà. Où était leur foi ? La Belle Dame est venue leur montrer qu'ils n'étaient pas abandonnés, et que ce qui leur était important l'était aussi pour Dieu.

Nous pouvons aussi bien implorer le Seigneur dans notre détresse (dans nos tempêtes), au moins avec la foi imparfaite des disciples. Le secours ne viendra peut-être pas comme nous l'imaginons et, comme Job, nous devrons peut-être endurer la tempête.

Considérons nos vies durant les temps troublés, les désaccords ou la perte. C'est alors que nous apprécions davantage ceux qui nous offrent du réconfort, du support et de l'aide. Nous reconnaissons alors nos véritables amis.

Il en est de même dans notre vie spirituelle, si la foi est présente et que nous croyons que le Christ nous accompagne, prêt à calmer les mers et à commander aux vents de se taire. En effet, on pourrait se demander quelle serait notre foi en Dieu si nous n'avions jamais dû subir de tempêtes.

La seconde lecture ne semble pas coïncider avec les autres, mais « quand nous pensons qu’un seul est mort pour tous », cela touche tous les aspects et moments de notre vie, qu'elle soit paisible ou orageuse, car « Si donc quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle ».

La Salette proclame cette vérité aussi bien.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Publié dans MISSION (FR)

Humble courage

(11e dimanche ordinaire : Ezékiel 17, 22-24 ; 2 Corinthiens 5, 6-10 ; Marc 4, 26-34)

Dans la première lecture, aujourd'hui, Dieu déclare : « Je renverse l’arbre élevé et relève l’arbre renversé ». Entendez-vous là l’écho d’un passage beaucoup plus familier ?

Il s’agit du Magnificat de Marie : « Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles ».

L’idée clef des deux textes est l'humilité, qui est également essentielle au message de Notre Dame de la Salette. La Belle Dame voyait que son peuple était abaissé. Mais au lieu de s'humilier, ils se révoltaient. Loin d'eux l'attitude exprimée dans le psaume d'aujourd'hui : « Qu’il est bon de rendre grâce au Seigneur, de chanter pour ton nom, Dieu Très-Haut, d’annoncer dès le matin ton amour, ta fidélité, au long des nuits ».

Rappelez-vous le début du Magnificat. « Mon âme exalte le Seigneur ». Cela n'est pas si facile. Entre amis aux vues similaires, si, nous pouvons proclamer la bonté et la majesté de Dieu. Mais il en est tout autrement dans le monde quotidien. Il faut du courage.

Par deux fois dans la seconde lecture, st Paul affirme que « nous gardons toujours confiance » parce que « nous cheminons dans la foi, non dans la claire vision ». En d'autres termes, nous confions notre vie aux mains de Dieu, et nous lui faisons confiance qu’il accomplira son œuvre en nous et par notre moyen, aussi mystérieusement qu'il fait germiner les semences et croître les plantes. C’est l’image que Jésus utilise dans l'Évangile d’aujourd’hui pour décrire le Royaume de Dieu, auquel tous nous appartenons.

Cependant, il n’est pas toujours facile de reconnaître notre rôle particulier, car nous ne sommes pas toujours attentifs aux suggestions subtiles de l'Esprit en nous. Voici quelques questions qui pourraient faciliter notre discernement. Quel est votre saint favori ? Quelle est votre prière préférée, quel hymne, quel passage des écritures saintes ?

Et pour nous salettins, plus particulièrement : quelle est l’aspect de l'histoire de la Salette que vous préférez ? Quelles paroles du message vous émeuvent le plus ?

Les réponses à ces questions pourront nous aider à discerner le service que le Seigneur veut de nous. Dire oui à cet appel pourrait demander du courage ; il demandera surtout de l'humilité.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Publié dans MISSION (FR)

« Mon sang, le sang de l’Alliance »

(Fête-Dieu : Exode 24, 3-8 ; Hébreux 9, 11-15 ; Marc 14, 12-16, 22-26)

Moïse dit, dans la lecture de l'Exode : « Voici le sang de l'Alliance que le Seigneur a conclue avec vous ». Cela ressemble beaucoup aux paroles de Jésus dans l'Évangile : « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude ».

Le premier est le sang des animaux sacrifiés en faveur du peuple élu. Le second est le sang du Christ, « mon sang », répandu pour la multitude, c'est-à-dire pour tous ceux qui participeront à son Alliance.

Une alliance se conclut entre deux individus, ou plusieurs. Chacun a des attentes raisonnables de l'autre, chacun entend respecter les articles convenus. Remarquez que Moïse, avant d'asperger les Hébreux avec le sang de l'alliance, reçoit leur déclaration : « Tout ce que le Seigneur a dit, nous le mettrons en pratique, nous y obéirons ». Ils ont souvent failli, mais le Seigneur les a toujours repris.

Après la Nouvelle Alliance, la même chose s'est passée. A la Salette, la Mère de Jésus se plaint : « L'été, il ne va que quelques femmes un peu âgées à la messe. Les autres travaillent le dimanche, tout l'été. L'hiver, quand ils ne savent que faire, ils ne vont à la messe que pour se moquer de la religion ».

Vu la centralité de l'Eucharistie en tant que « source et sommet de la vie ecclésiale », cette critique est bien sévère, et à juste titre. Depuis plusieurs années, dans nombre de communautés chrétiennes, la fréquentation de l'église est en déclin. Des recherches indiquent un pourcentage étonnant de catholiques qui ne croient pas à la présence réelle de Jésus dans l'Eucharistie. (Cela, peut-être, parce qu'ils ne savent pas l'expliquer).

C'est ce qui arrive quand on oublie que l'Alliance dans le sang du Christ est, avant tout, un rapport. Le psaume d'aujourd'hui le dit en ces termes : « Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait ? J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur ».

Si seulement l'on pouvait demeurer constamment conscient de la bonté de Dieu à notre égard ! On serait alors moins enclin à la prendre pour acquise, ou même à négliger le don de l'Eucharistie, le "signe efficace" (c'est-à-dire le sacrement) du sang précieux du Christ versé pour nous.

À la messe, nous faisons écho aux paroles du psalmiste : « Je tiendrai mes promesses au Seigneur, oui, devant tout son peuple ». Voilà bien encore une façon de faire connaître le message de Marie.

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Publié dans MISSION (FR)

LA NOUVELLE COORDINATION NATIONALE DES LAÏCS SALETTINS

Le 19 avril 2021, la nouvelle Coordination nationale des laïcs saléttins du Brésil a prêté serment, élue par la majorité des laïcs saléttins. Ana Beatriz Diniz S. Bersaneti, plus connue sous le nom de Bia, et Lindamir de Fátima Varela ont été élues respectivement coordinatrice et vice-coordinatrice.

Le processus de choix de la nouvelle Coordination, défini dans les Principes d’Orientation du Mouvement, s’est fait après une semaine de prière et de réflexion, dirigée par le Père Adilson Schio, MS, Conseiller Spirituel du Laïcat Salétin au Brésil.

Nous prions Dieu pour la santé et la sagesse de la nouvelle Coordination Nationale, afin qu'elle puisse diriger les laïcs salettins jusqu’à la fin de 2023.

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Avez-vous remarqué ?

(Dimanche de la Sainte Trinité : Deutéronome 4,32-40 ; Romains 8, 14-17; Matthieu 28,16-2)

Combien de fois avez-vous pensé à la Sainte Trinité la semaine dernière ? Supposons que vous ayez assisté à la messe dominicale, récité le rosaire trois fois, et prié une fois l'office du matin ou du soir du bréviaire.

Cela donne un minimum de vingt-cinq fois où vous avez entendu, lu ou récité les noms du Père, du Fils et du Saint Esprit ensemble. Mais la question se pose : y avez-vous pensé ? Y Prêtiez-vous attention ou, pour citer une phrase salettine, faisiez-vous bien votre prière ? Est-ce que votre prière rendait un vrai hommage à la Très Sainte Trinité ?

Est-ce peut-être à cause de notre tendance à la distraction que l'Église nous offre chaque année une solennité par laquelle nous pouvons consciemment vénérer Dieu dans toute sa gloire et sa magnificence trinitaire ?

La révélation du mystère intime de Dieu a pris des siècles. D'abord vint la création. « Il parla, et ce qu’il dit exista ; il commanda, et ce qu’il dit survint », comme le proclame le Responsorial. Ayant choisi un peuple, il le libéra de l'esclavage, comme le rappelle Moïse dans la première lecture. Enfin, il envoya son Fils, qui nous a envoyé l'Esprit.

Sans faire référence à un langage trinitaire, le message de Notre-Dame de la Salette fait penser au Père qui a délivré son peuple mais dont les commandements étaient mis de côté. Le crucifix de la Vierge montre le Fils qui a racheté et réconcilié son peuple ; maintenant ce peuple lui refusait le respect et la vénération qui lui étaient dus. Par ses larmes, Marie semble dire, « Comment avez-vous pu oublier ? »

L'Esprit pourrait-il être la source de la lumière qui l'entourait, ou l'inspiration de ses paroles ? Quoi qu'il en soit, le Père, le Fils et l'Esprit se voient reflétés dans sa tendresse et sa beauté.

On pourrait presque voir une autre dimension trinitaire dans cette apparition. La Salette est une et elle est trois. C'est un événement unique, mais ses trois phases présentent trois tableaux distincts : Celle qui pleure, la Conversation et l'Assomption.

Dans la deuxième lecture, st Paul nous dit que nous avons reçu « un Esprit qui fait de vous des fils », et que nous sommes « héritiers avec le Christ ». Prenons donc conscience de ce que nous disons lorsque nous prions : « Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit : au Dieu qui est, qui était et qui vient !” (Acclamation de l'Évangile)

Traduction : P. Paul Belhumeur, M.S.

Publié dans MISSION (FR)
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